FIDMarseille: catalogue review / reseña del catálogo

ENGLISH/FRANÇAIS

“Two meters of this land are enough for me for now”, which gives the film its title, is a line from Palestinian poet Mahmoud Darwich. Close to his grave in Ramallah, we see people preparing an outdoor music festival. It all seems to be captured in real life: sound check, trestles being made, interviews prior to the show, mundane meetings between natives and foreign visitors (a Japanese woman speaking Arabic, to undermine any stereotypes). But the opening of the film will have warned us discretely: it is about reviewing the modes of representation of the Palestinian people with a view to start a film yet to come. A prologue akin to a warning: all the things we will see have been staged, however imperceptible it might be, and the seemingly simplest of actions have been directed and chosen. The purpose of this film is to combine two perspectives set out by a young woman who claims to be both a journalist and a poet. What is the difference between these two writing professions? “The journalist —she answers in a poised tone— turns big events into small outcomes. Conversely, the poet makes something big out of something small.” This dual agenda gives the film its shape, its patience, as a snapshot of a people freed here from the images which usually imprison them, as well as its conclusion which pays tribute to Darwich whose poem will have the last word, before a panning shot offers us the view of the land in the horizon.

By Jean-Pierre Rehm. From the FIDMarseille 2012 catalogue (available here).

« Deux mètres de cette terre me suffisent aujourd’hui », qui donne le titre
à ce film, est un vers du poète palestinien Mahmoud Darwich. Tout près de
sa tombe à Ramallah, on assiste aux préparatifs d’un festival musical en
plein air. Tout cela paraît être saisi sur le vif : réglages du son, fabrication
des tréteaux, interviews préalables au spectacle, rencontres banales entre
natifs et visiteurs étrangers (une japonaise s’exprimant en arabe, pour
couper court à tout cliché). Mais le début du film nous aura discrètement
prévenu : il s’agit de revenir sur les modes de représentation du peuple
palestinien en vue d’entamer un film à venir. Prologue en guise d’avertissement
: tout ce qu’on va voir a été, même imperceptiblement, mis en scène, et les actions d’apparence les plus simples ont été dirigées, choisies. C’est que le projet de ce film est de croiser deux perspectives énoncées par une jeune femme qui se déclare à la fois journaliste et poète. Quelle différence entre ces deux métiers d’écriture ? « Le journaliste, répond-elle posément, fait de grands événements un petit résultat. Le poète, inversement, fabrique à partir du petit quelque chose de grand. » C’est ce double programme qui dicte au film sa forme, sa patience, photographie d’un peuple libéré ici des images qui l’enferment ordinairement, ainsi que sa conclusion en forme d’hommage à Darwich, laissant le dernier mot au poème, avant qu’un panoramique ne nous offre le spectacle du territoire en horizon.

Par Jean-Pierre Rehm. Du catalogue FIDMarseille 2012 (disponible ici).

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